Immersion dans le petit monde de la plongée sous-marine et de ses métiers

Dernière modification le : 17 janvier 2018

Un Salon professionnel qui se voit contraint de refuser des demandes d’exposants, c’est assez rare pour être souligné. Le plus étonnant est que cela concerne la plongée sous-marine, une activité dite mineure, mais un marché qui s’est considérablement développé et diversifié depuis la toute première édition, il y a déjà 20 ans…

 

Outre la présence habituelle des centres de plongée et des écoles qui forment au monitorat, on y vend aujourd’hui des croisières pour les passionnés de photo & vidéo sous-marine, des équipements et accessoires de plus en plus sophistiqués (objets connectés pour la sécurisation des palanquées, gilets chauffants 100% made in France, balises de survie, masques intégraux équipés de caméras Go Pro, scooters sous-marins, drones sous-marins autonomes qui vous photographient et vous filment durant la plongée…).

 

Une économie dynamique et très créative qui fait vivre une myriade d’associations, de TPE et PME, de taille internationale pour certaines, et plus récemment des startups spécialisées dans la robotique et les objets connectés.

 

il faut dire que le petit monde de la plongée a bien changé en trente ans. Aujourd’hui, le plongeur passionné n’hésite pas à casser sa tirelire pour assouvir sa passion. Les voyagistes surfent sur la tendance qui proposent des séjours à thème (très alléchants) pour approcher le requin dormeur à la Désirade, des safaris pour évoluer au milieu des raies manta à Madagascar.

 

 

La France fut d’ailleurs l’une des premières au monde à créer un diplôme d’encadrant de plongée, le Brevet d’Etat d’éducateur sportif de plongée subaquatique. Paradoxalement, la rigidité des orientations pédagogiques, la doxa du bénévolat sportif, ont longtemps freiné le développement de la plongée commerciale en France. Alors qu’aux Etats-Unis et en Australie, de nombreuses structures commerciales se mettaient en place sur un postulat de démocratisation de la plongée pour coller aux attentes du plus grand nombre (les systèmes PADI, NAUI, SSI), l’approche française avec son code sportif sibyllin et son exigence de haute technicité-sécurité aboutissait in fine à faire de la plongée une activité réservée à une élite. Entre les prérogatives de la FFESSM, celles de l’ANMP, du SNMP, sans compter les certifications internationales PADI, NAUI, SSI, on peine à s’y retrouver, un maquis qui déroute les plongeurs eux-mêmes. Certes, le débat sur la qualité et le mérite comparé des standards est loin d’être clos, mais il est visiblement plus apaisé. 

 

Le monde de la plongée a quand même fait sa mue et une nouvelle génération est arrivée avec un nouveau leitmotiv : rendre la plongée accessible à un plus large public, sortir de l’entre soi et développer le business. 

 

A la plongée profonde réservée aux plus téméraires se substituent aujourd’hui des concepts de toutes sortes, depuis les balades sous-marines, élargies depuis peu aux questions d’environnement et d’écologie jusqu’aux croisières personnalisées pour une clientèle haut de gamme, comme chez Tiki Dive, dont le slogan est « la plongée, mais pas seulement… ».

 

Tiki Dive, qui a son port d’attache à Cavalaire (83), recherche justement un moniteur de plongée pour la prochaine saison. 

« En France, l’activité est plutôt saisonnière, mais un moniteur polyvalent et débrouillard peut trouver à s’employer quasiment toute l’année. Tiki Dive propose des formules à la carte, incluant l’hébergement à bord d’un bateau de 17 mètres de type Trawler, équipé de 3 cabines doubles, d’une cabine VIP, de 2 salles de bain et d’un Sun deck. Les repas sont servis à bord par un prestataire local. En France, ce type de positionnement haut de gamme et spécifiquement dédié à la plongée-loisir, est assez nouveau. Pour l’heure, notre clientèle est surtout belge et suisse » explique Pierre Onclerq, son dirigeant.

 

L’emploi est actuellement au beau fixe grâce notamment au développement des voyages spécifiques plongée et ce salon est l’occasion de nouer de fructueux contacts. Il suffit, pour s’en assurer, de consulter la bourse à l’emploi de l’Association Nationale des Moniteurs de Plongée (ANMP). D’autres sont là aussi pour informer sur les formations et sur les métiers, à l’instar de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marin (FFESSM) et des centres-écoles qui viennent promouvoir les programmes répondant aux normes internationales PADI, NAUI.

 

Mais ce qui fait la force de ce Salon, c’est que la discipline ne se limite pas qu’au sport-loisirs. En effet, certaines écoles sont présentes qui forment spécifiquement des plongeurs-scaphandriers pour les activités portuaires, l’off-shore pétrolier, les Travaux Publics, fouilles en archéologie.

 

C’est le cas de l’Ecole Nationale de Scaphandriers de Fréjus (83). 

« Nous avons ouvert notre école en 2013, entièrement sur fonds privés. Nous sommes devenus en peu de temps l’école leader en France pour la formation des scaphandriers professionnels, seule école à délivrer les trois diplômes : Mention B classe I et II, Mention A classe I et II et le titre professionnel de scaphandrier travaux publics » explique Jérôme Vincent, son directeur.

 

« Nous avons brisé en quelque sorte un vieux monopole, car la formation des scaphandriers a longtemps été sous hégémonie. Nos formateurs sont des hommes de terrain, très expérimentés, ce qui facilite l’insertion professionnelle des élèves en sortie. Le métier de plongeur professionnel implique une formation longue, rigoureuse et difficile et onéreuse aussi. Nous sommes bien conscients des sacrifices que ce type de formation exige. C’est pourquoi, nous sommes très attentifs au placement de nos stagiaires qui sont formés pour obtenir un emploi et pas seulement un diplôme. Nous avons conclu un partenariat avec une organisation d’anciens scaphandriers et professionnels encore actifs sur le secteur et qui coachent nos stagiaires en sortie».

 

Il n’y a pas que le privé. La Marine Nationale dispose également de son propre centre d’entrainement (CIN) basé à Saint-Mandrier (83). Le capitaine de frégate, commandant de l’école de plongée, Tanguy Durand ne tarit pas d’éloge sur son partenariat avec le Lycée Simone Weil de Conflans-Sainte Honorine (95) qui propose une formation préparatoire au métier de plongeur-démineur, unique en son genre.

 

« La Marine Nationale recrute 3.800 personnes chaque année sur une cinquantaine de métiers, dont celui de plongeur-démineur. Ce travail de dégrossissement réalisé par le Capitaine de Corvette Ravoisier et son équipe est essentiel pour nous. Les jeunes qui rejoignent à la suite notre centre d’instruction de Saint-Mandrier sur mer sont de qualité. Il en nous faudrait sans doute un peu plus. Nous avons bien quelques militaires qui changent de spécialité et qui se reconvertissent pour pouvoir faire de la neutralisation d’engins explosifs, mais pour un métier comme celui-là, où un gros sang froid est requis, il y a forcément un peu de déchet… » explique-t-il.

 

Le Lycée Simone Weil accueille également le dispositif de Préparation Militaire Marine (PMM), particulièrement adapté pour se forger une image objective de l’univers de la Marine nationale. On peut y accéder à partir de 16 ans (classe de seconde généralement).

 

Douze journées axées sur l’apprentissage du milieu militaire et maritime, la pratique du sport, l’entraînement aux exercices de sécurité ou de secours, etc. Une fois le Bac en poche, ceux qui veulent intégrer la Marine Nationale pourront rejoindre l’une des écoles de la marine (École de Maistrance de Brest (29) pour les futurs officiers ou, pour les passionnés de plongée et d’action, l’école des plongeurs-démineurs de Saint-Mandrier (83), l’occasion d’apprendre à vivre en équipage, à maîtriser son métier, son matériel.

Ludovic, 15 ans, a découvert le dispositif PMM lors d’une journée portes ouvertes.

« A la base, je suis en seconde et j’avais le projet de m’orienter vers une filière électricité. Je n’avais pas envisagé cette possibilité de faire une Préparation Militaire Marine et je suis très intéressé. Le but est quand même d’aller au bac et ensuite, pourquoi pas l’École des mousses de Brest… »

 

Apprendre à vivre en équipage (en équipe), à maîtriser son métier, son matériel, la sécurité, c’est ce que tous ces métiers ont quelque part en commun.

Des métiers qui exigent une forte discipline, de la solidarité et qui, on peut le mesurer sur le Salon, fédèrent énormément. 

 

 

Salon de la plongée : prochain en Janvier 2019. Paris Expo. Pte de Versailles

http://www.salon-de-la-plongee.com

 

Tag : métiers de la plongée sous-marine