Industrie du futur. L’entreprise apprenante a un rôle à jouer

Dernière modification le : 27 mars 2018

Ebranlés par dix années de crise, les français redécouvrent l’importance d’avoir une industrie performante et compétitive, pas seulement comme un moyen de maintenir l’emploi dans nos territoires, mais comme moteur essentiel d’une croissance économique efficiente, durable même….

 

Ils ont enfin compris que ce qui n’est pas produit en France doit être acheté à l’étranger et qu’un pays comme la France ne peut se résigner à n’être connu et représenté que par sa gastronomie, ses produits de luxe et son patrimoine culturel et naturel. 

 

Mais pour celui qui n’a jamais mis les pieds dans une usine, il est difficile en effet de se représenter l’usine d’aujourd’hui et plus difficile encore d’appréhender la réalité et les enjeux de l’usine de demain. Une industrie du futur qui, en outre, ne peut se résumer à la seule question de la robotisation et des peurs qu’elle agite dans l’opinion publique. 

 

Les nouveaux process de fabrication exigent un maillage des compétences entre ingénierie, fabrication et technologies de l’information. Aux industriels qui produisaient en masse, on demande aujourd’hui de produire des séries limitées, voire des produits uniques. Pour tous, les cycles de vie des produits sont de plus en plus courts et il faut sans cesse innover pour se maintenir dans la course, comme permettre aux machines de se connecter facilement les unes aux autres. Pour nos industriels, l’enjeu est de gagner en compétitivité pour éviter d’avoir à délocaliser et mieux encore, pour permettre de relocaliser. Il faut aussi répondre aux besoins de recrutement.

 

Cela implique d’actionner de multiples leviers. Outre l’accompagnement financier (avantages fiscaux, prêts pour la R&D), il faut aussi faire collaborer des équipes qui travaillent trop souvent en silo et faire monter en compétences les personnels qui travaillent en production. C’est d’autant plus important que les industriels ont un mal fou à faire connaître leurs métiers et attirer les candidats. D’ailleurs, quand ils en trouvent, ils découvrent qu’il faut aussi les former aux nouveaux process de fabrication.

 

Sensibiliser les jeunes aux métiers de l’industrie n’est certes pas une préoccupation récente. Mais dans le contexte du redémarrage de nos usines et de la nécessité de faire passer un message fort sur l’industrie du futur, il faut mettre les bouchées doubles. Recruter dans l’industrie a toujours été plus difficile qu’ailleurs, notamment en production. On a beau former des jeunes dans nos lycées professionnels, on voit bien qu’ils ont du mal à se faire une place. La solution réside peut-être dans le compagnonnage, une relation plus étroite, plus confiante…

 

En attendant, près de la moitié des chefs d’entreprise pensent que les formations ne répondent pas suffisamment à leurs besoins. Pourtant, les AFPI, rebaptisées Pôle Formation des industries technologiques, sont là pour apporter aux chefs d’entreprise des réponses adaptées aux besoins de formation de leurs collaborateurs. Mais leur capacité de formation sur le terrain n’est visiblement pas suffisante pour répondre à tous les besoins, surtout lorsqu’on leur demande de faire du sur mesure, qui plus est, dans un contexte de reprise de l’activité industrielle. De plus, les CFAI ont eux-mêmes des difficultés à recruter des formateurs techniques de haute volée. 

 

Des compétences pointues que l’on trouve au sein même de l’entreprise, d’où l’idée d’utiliser les salariés les mieux formés pour former les nouveaux collaborateurs.

 

En tout cas, c’est la démarche choisie par Baud Industries, une entreprise familiale et indépendante fondée en 1978, un acteur de référence mondial dans les métiers du décolletage et de l’usinage de précision (500 collaborateurs répartis sur 10 sites). Parce que confrontée, à un déficit de main d’oeuvre, à la nécessité de sauvegarder ses métiers et de proposer de nouvelles perspectives aux entrants, elle a ouvert sa propre académie, la Baud Academy.

 

Proposer des formations à la fois innovantes et opérationnelles, c’est aussi ce qu’a fait le groupe Descours & Cabaud, distributeur de fournitures professionnelles pour le bâtiment et l’industrie en montant son propre campus baptisé Tech Up.

 

L’idée n’est pas nouvelle. Le fabricant de pneumatiques Michelin avait d’ailleurs créé la sienne en 1949 à Clermont-Ferrand. L’EETM, c’est son nom, propose encore aujourd’hui aux jeunes issus des classes de troisième ou de terminale des formations professionnelles adaptées aux exigences de l’Industrie. Une scolarité gratuite, une vraie rampe de lancement pour se projeter dans le monde de l’industrie. Créé à la même époque, le Lycée privé Airbus de Toulouse (anciennement E.P.I.A.) propose des formations en usinage, chaudronnerie et structure aéronefs, du CAP mécanicien cellules aéronefs au BTS aéronautique.

 

Mais ces initiatives restent encore trop isolées. Il est vrai qu’ouvrir sa propre école n’est pas à la portée de n’importe quelle entreprise. Cela a un coût. Et si la méthode a fait ses preuves, encore faut-il convaincre les jeunes de rallier les usines.

 

C’est dans ce contexte que l’Alliance Industrie du Futur (AIF) à lancé « Agora Industrie », avec pour commencer, une grande consultation destinée à recueillir les avis des candides et leur permettre de s’inscrire dans les débats autour de ce que l’on appelle l’Industrie 4.0*, cette nouvelle manière de produire. Une Caravane Alliance Industrie du futur fait actuellement son tour de France des territoires. D’autres initiatives sont prévues qui devraient concourir à une meilleure information du public et, on l’espère, à un regain d’intérêt pour les métiers de l’industrie. 

 

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On sait que les technologies innovantes et écologiques parlent à nos enfants. Ces technologies sont déjà présentes dans l’automobile (l’hybride, les batteries, piles à combustible, la voiture autonome connectée…), l’aéronautique (les composites, la réalité augmentée, la fabrication additive 3D métal…), le ferroviaire (réduction des émissions sonores..) et bien d’autres encore. Des projets sont en cours comme la future Plate-forme de formation dédiée à la mécanique industrielle de demain qui devrait ouvrir à la rentrée 2018 sur le sites de Bondoufle, Evry et Massy en Essonne. Une initiative d’un consortium constitué d’entreprises industrielles et d’organismes de formation comme l’AFPA et l’AFORP et de partenaires comme le GIFAS et Adecco Group. L’objectif est de former plusieurs centaines d’apprentis et de salariés aux nouvelles méthodes de production. 

 

A notre modeste niveau, nous nous efforçons de relayer toutes ces initiatives (nouvelles technologies, nouvelles formations) sur nos fiches du Guide des ressources emploi

 

*Une vidéo sur You Tube résume les enjeux de la 4ème révolution industrielle.

 

A l’agenda 

 

Semaine de l’industrie : du 26 mars au 1er avril 2018

(job dating, visites d’entreprise, conférences/débats…) 

https://fr-fr.facebook.com/semaine.industrie

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  • Salon  :

Global industrie

du 27 au 30 mars 2018. Parc des expositions de Villepinte

http://www.global-industrie.com

  • Forum alternance 

Alternance Manufacturing 

le mercredi 25 avril 2018. Salle de la Trocardière. Nantes Rézé 

https://www.alternance-manufacturing.fr