Les industries nautiques recrutent

Dernière modification le : 13 décembre 2019

Le Nautic 2019 a ouvert ses portes le week-end dernier et les exposants sont une nouvelle fois pris au piège d’un important mouvement de grève, ce qui n’est jamais très bon pour les prises de commandes.

 

 

En arpentant les travées du Salon, on constate sans surprise une affluence discrète, mais les professionnels affichent tout de même le sourire.

 

 

En effet, même si l’activité reste soumise aux flux et reflux, la tendance est toujours aussi favorable et le ralentissement mondial ne s’est pas encore fait sentir. Cette filière dynamique et créative compte près de 140.000 emplois directs et indirects en France.

 

 

L’industrie nautique française, second constructeur mondial, fait la course en tête en Europe, un marché essentiellement porté par la demande étrangère, Etats-Unis en tête. La croissance amorcée depuis cinq ans se poursuit grâce à un gros chiffre d’affaires à l’export (près de 79%), ce qui profite d’abord aux constructeurs, de grands groupes comme Bénéteau ou encore Fountaine-Pajot, à de plus petits chantiers comme Franck Roy, connu pour ses voiliers d’exception, et à bien d’autres acteurs de l’écosystème : équipementiers, motoristes, loueurs maritimes et fluviaux, bureaux d’études, fournisseurs…

 

 


 

Dans l’attente des bilans 2019, on note que le chiffre d’affaire global du nautisme est encore à la hausse (+5% pour l’exercice 2018/2019). La clientèle chinoise s’ouvre à la plaisance et c’est une bonne nouvelle pour notre industrie.

 

La filière recrute bon an, mal an, un millier de personnes. A voir tous ces bateaux magnifiques, comment expliquer que l’on ait autant de mal à recruter ? Chez Bénéteau, on recrute actuellement une centaine d’opérateurs pour faire face à la croissance. Mais attirer les candidats vers les métiers du nautique est moins facile qu’on pourrait le croire…

 

Un constat partagé par Laurent Winisky, directeur de l’Institut Nautique de Bretagne (INB), un des principaux organismes de formation du secteur, créé et géré par des professionnels du nautisme.

 

« Nous accueillons des étudiants en formation initiale (du collégien au jeune diplômé), des demandeurs d’emploi et des salariés en reconversion. Nous avons du mal à pourvoir tous nos postes en apprentissage, malgré un fort taux d’embauche et de belles opportunités en sortie. La stabilité des métiers, les perspectives d’évolution en interne, l’ambiance familiale qui règne dans les ateliers, la qualité de vie sur le littoral, cela ne suffit pas toujours pour attirer des candidats… »

 

C’est la raison pour laquelle l’INB, qui propose sur ses sites des journées de découverte des métiers, est aussi présent sur l’espace emploi-recrutement du Nautic, au côté de la Fédération des Industries Nautiques et d’autres acteurs d’importance, comme le groupe Bénéteau.

 

 

Ce dernier mise sur sa nouvelle campagne de recrutement sous le slogan, deviens constructeur nautique. De son côté, Fountaine-Pajot, numéro deux européen de la plaisance, a choisi lui de communiquer sur YouTube. 

 

Un problème d’attractivité que déplore aussi Steven Bars, responsable emploi formation à la Fédération des Industries Nautiques (FIN).

 

« On travaille en ce moment sur la promotion et l’attractivité de nos métiers. Il est vrai que l’on s’est un peu laissé porter ces dernières années... reconnait-il.

 

Pour Steven Bars, la difficulté à se loger à proximité des chantiers est un des freins parmi d’autres… 

« Le coût de l’immobilier en bord de mer, le travail en 2/8 expliquent en partie la difficulté à recruter sur un métier comme celui d’opérateur composites (stratifieur), malgré des salaires plutôt attractifs, notamment dans les grands groupes du nautisme. On parvient plus facilement à attirer des jeunes diplômés à niveau licence, mais on a plus de mal avec les niveaux infra… »  

 

Des solutions seront sans doute trouvées pour susciter plus d’intérêt pour ces métiers. En attendant, nombreux sont les franciliens qui se disent prêts à quitter leur région pour un CDI dans un territoire offrant une meilleure qualité de vie. Et c’est justement ce qui est proposé au Nautic, un salon où l’on peut rêver sur les grands voiliers, mais où l’on peut aussi rêver d’emploi et d’avenir…

 

Le métier d’opérateur matériaux composites (stratifieur) figure parmi les cinq métiers en tension identifiés par la FIN. Les métiers de mécanicien nautique, d’électricien marine, de menuisier d’agencement nautique et d’accastilleur font partie des plus recherchés, notamment chez les gros constructeurs installés du côté de Cholet, des Herbiers, d’Aigrefeuille-d’Aunis, entre La Rochelle et Bordeaux. La filière recrute aussi des technico-commerciaux de l’industrie et des services nautiques, un métier qui promet de belles rencontres avec les acteurs de l’écosystème. Des opportunités existent aussi en région Bretagne, Normandie, PACA et Occitanie et l’appareil de formation n’est jamais très loin des lieux de production. 

 

Avis aux amateurs donc ! 

 

Ceux qui auront manqué le Nautic 2019, par crainte des bouchons, pourront se rattraper très bientôt. En effet, les 17, 18 et 19 avril 2020 se tiendra le salon nautique d’Arcachon.

S’y rendre, c’est l’occasion de découvrir le littoral, et, pourquoi pas, de franchir le pas.