Nouvelles sanctions contre la Russie, quels premiers secteurs affectés en boomerang ?

On le sait, la Russie fait déjà l’objet de sanctions depuis la guerre de Crimée en 2014. 
Comme on pouvait s’y attendre, elle a riposté aux sanctions occidentales en stoppant ses exportations de céréales vers l’Europe et en décrétant l’interdiction totale de la plupart des produits alimentaires en provenance de l’UE. Etant lui-même producteur et exportateur de céréales, l’Hexagone n’en a pas été trop affecté. En revanche, nos producteurs de pommes et de poires eux ont subi l’effet boomerang, la Russie étant leur premier client. Ils ne sont pas les seuls, les ostréiculteurs bretons, les éleveurs de porc ont beaucoup perdu. Paradoxalement, l’embargo sur les produits agricoles n’a fait que renforcer l’agriculture russe, au détriment notamment de la nôtre. Les russes en ont profité pour relancer leur propre filière fruits et légumes.

 

Si les vins et spiritueux ne sont pas concernés par cet embargo, les tensions se sont focalisées l’année dernière sur le champagne. Seule la mention « игристое вино » (vin effervescent ou mousseux en cyrillique) est désormais retranscrite en cyrillique au dos de la bouteille, reléguant le champagne au même rang que les autres vins. L’appellation « шампанское » (champagne en cyrillique) en Russie étant réservée aux vins pétillants produits par des producteurs russes.

L’escalade d’embargos expose assez souvent au coup du Jokari. 

 

Les ponts commerciaux viennent donc d’être coupés avec la Russie. Les livraisons vont être inévitablement affectées des deux côtés. À noter que le titane, métal amagnétique et réputé pour sa résistance à la corrosion, est présent dans les pièces de structure et les moteurs des avions d’Airbus et plus généralement de tous les avions. Or, la Russie est le principal producteur et fournisseur de titane. Si le conflit est appelé à durer, le consortium Airbus serait le premier à en souffrir.

 

Le G7 n’a pas encore finalisé ses sanctions, mais on devine que la Russie ne sera pas la seule à en souffrir. La chambre de commerce et d’industrie franco-russe redoute les réactions pour les entreprises françaises présentes sur le sol russe, à commencer par Renault, Auchan, Leroy Merlin, Decathlon, Danone, Société Générale…

 

Dans son allocution, le chef de l’État a cherché à préparer les esprits à une chute de croissance et au renchérissement de certains produits. La dépendance au gaz russe n’est pas le seul des problèmes auxquels l’UE et la France auront à faire face. « Ne plus dépendre des autres pour nous nourrir, nous soigner, nous financer » a-t-il dit. Le problème n’est pas nouveau, la pandémie avait déjà pointé les risques d’une trop grande dépendance.

 

En tout cas, voilà qui remet en cause la doxa d’hier.