Senior…et alors !

Dernière modification le : 28 octobre 2014

L’État peine à convaincre avec ses mesures, comme le Contrat de génération, censé inciter à l’embauche et au maintien dans l’emploi des seniors. Le dispositif devra sans doute être amélioré. Il ne suffit pas de claironner que le senior est un atout, une richesse pour l’entreprise, pour que les responsables R.H en fassent la cible prioritaire de leurs recrutements.

 

Au chapitre des préjugés exprimés par les employeurs sur les seniors, reviennent en principal son coût salarial et, dans une moindre mesure, sa productivité jugée plus faible. Un argument que l’on pourrait aisément balayer, au moins pour le second.

Senior, on l’est aujourd’hui dès 40 ans. A mi-carrière, il est toujours possible de solliciter les dispositifs légaux en vigueur, à plus forte raison, si l’on se sent menacé par la génération Y ou si l’on est arrivé au bout de l’ennui. En revanche, et parce que des secteurs hier florissants sont aujourd’hui sinistrés, des seniors sont rejetés brutalement sur le bord de la route. Parmi les ouvriers, techniciens de l’imprimerie, du textile, de la sidérurgie, des raffineries, combien sont encore enkystés dans le chômage ? 

L’entreprise qui hier leur promettait l’emploi à vie est défunte et celle d’aujourd’hui est parfois si démunie face à la crise qu’il serait risqué en effet de lui confier votre destin. Ne comptez pas trop sur elle pour gérer les questions liées à l’âge. C’est à vous qu’il revient d’anticiper et d’agir.

Nombreux sont ceux qui, pour s’être contentés d’attendre de recevoir leur lettre de licenciement économique, l’ont payé au prix fort ; omettre de faire valoir à temps son droit à une reconversion non subie (*congé bilan de compétences, congé individuel de formation, VAE), pour découvrir ensuite avec amertume que le statut de chômeur est bien moins protecteur en matière de formation quand il s’agit de se reconvertir par exemple. 

 

Pour d’autres, à partir de 55 ans, c’est l’exclusion qui menace…Fort heureusement, ce n’est pas la règle pour tout le monde, mais mieux vaut prévenir que subir… Car au deuil de l’emploi à faire, peuvent s’ajouter la désillusion, les portes qui se ferment, les candidatures qui restent sans réponse, la confiance qui s’effrite. S’ensuit pour les plus fragiles, l’abandon de soi, le laisser aller vestimentaire, plus ou moins inconscient, qui leur fait dire au recruteur ou au conseiller de Pôle emploi « Je ne sais plus rien faire, je suis un vieux dont personne ne veut ». Ce n’est guère rassurant…

 

Alors que faire ?

Voici quelques conseils :

Anticiper : Rester en veille sur son métier, son domaine d’activités, faire régulièrement le point sur ses forces et faiblesses, agir en conséquence pour remédier aux manques les plus flagrants,

Pendre les devants : Quand l’horizon se bouche, que les nuages s’amoncellent, quitter son entreprise avant qu’elle ne vous quitte. Rencontrer un recruteur quand on est encore en poste fait de vous un offreur de services. En revanche, la casquette de demandeur d’emploi ajoute au stress qui vous versera plus souvent dans l’enveloppe des deuxièmes choix.

Positiver : Changer n’est pas un drame, il faut l’accepter et le faire lorsque c’est nécessaire. Une carrière, c’est long… Souvent, un nouveau challenge viendra vous ressourcer et vous redonner l’envie. Vous avez encore du savoir, de l’expérience, des choses à vivre…,

Mettre son égo dans sa poche : Si l’on a occupé de hautes fonctions, il faut parfois accepter de redescendre d’un cran. Vouloir à tout prix retrouver son lustre d’avant est plus souvent une perte de temps,

Soigner son image : Soigner son image, ce n’est pas recourir au bistouri pour autant. A trop vouloir en faire, vous ferez « faux jeune » et renforcerez le complexe qui vous habite. C’est aussi dans la tête que cela se joue. Assumer son âge, c’est mieux. Le recruteur est d’abord attentif à l’énergie et la confiance que vous dégagez. Comme disent les britanniques, c’est le body language qui parle.

Démultiplier : les salons pros ou spécialisés senior ne sont pas le seul endroit où l’on peut aller à la rencontre d’autres professionnels, les réseaux sociaux permettent d’élargir son cercle de contacts, faire provision d’idées et de pistes nouvelles. Lire la presse assidûment pour saisir les opportunités qui se présentent dans les entreprises qui se développent, innovent ou qui s’implantent près de chez vous.

Baliser : cibler les entreprises/secteurs qui ont besoin de compétences transversales et de l’expérience que seuls les seniors peuvent apporter,

Pendre appui : quand le CV n’est plus à jour, que le moral flanche, que l’on se sent démuni, isolé, des associations peuvent aider. A ce titre, il n’est pas indispensable qu’elle soient focalisées sur les seniors. Si c’est le cas, tant mieux !.

 le « Guide des ressources emploi » propose une fiche complète consacrée à l’emploi des seniors